Quand je donne une place, je fais un ingrat et cent mécontents.
Le travail n'épouvante que les âmes faibles.
Tout l'art de la politique est de se servir des conjectures.
Quiconque pardonne trop souvent punit presque inutilement le reste du temps.
Quand on peut tout ce que l'on veut, il n'est pas aisé de ne vouloir que ce que l'on doit.
Il est très malaisé de parler beaucoup sans dire quelque chose de trop.
Il est sans comparaison plus facile de faire ce qu'on est, que d'imiter ce qu'on n'est pas.
A qui peut se vaincre soi-même, il est peu de chose qui puisse résister.
Les empires ne se conservent que comme ils s'acquièrent, c'est-à-dire par la vigueur, par la vigilance et par le travail.
La décision a besoin d'un esprit de maître ; et il est sans comparaison plus facile de faire ce qu'on est, que d'imiter ce qu'on n'est pas.
On ne fait jamais rien d'extraordinaire, de grand et de beau, qu'en y pensant plus souvent et mieux que les autres.
Quand on s'est mépris, il faut réparer la faute et que nulle considération en empêche, pas même la bonté.
Et pour cet art de connaître les hommes, qui vous sera si important, je vous dirai qu'il se peut apprendre, mais qu'il ne se peut enseigner.
En parlant de nos affaires, nous n'apprenons pas seulement beaucoup d'autrui ; mais aussi de nous-mêmes. L'esprit achève ses propres pensées en les mettant au-dehors.
Il faut de la force assurément pour tenir toujours la balance de la justice droite entre tant de gens qui font leurs efforts pour la faire pencher de leur côté.
L'homme naturellement ambitieux et orgueilleux ne trouve jamais en lui-même pourquoi un autre lui doit commander, jusqu'à ce que son besoin propre le lui fasse sentir.